



Les Mots
du Lincou ... |
RACINES CHINOISES
“Je suis ravi d’avoir enfin gagné mon premier Super Series, et
aussi de l’avoir fait devant un public Chinois à Hong Kong.
L’accueil que je reçois ici est toujours très chaleureux, et le
public m’encourage toujours. J’ai le sentiment d’avoir gagné ce
tournoi pour moi, bien sûr, mais aussi pour eux.
“Depuis toujours, j’ai très envie de retourner dans le village près
de Canton, en Chine, où mes grands-parents vivaient avant de
partir pour la Réunion lorsque le Révolution Communiste faisait
rage. Ma mère, Luk Lan-Sun, 李蘭天, y est retourné, mais pour le
moment, moi, je me suis arrêté à Hong Kong…”
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李田福, pour nous Thierry Lincou, numéro 1 Français, numéro 3 mondial,
aime Hong Kong. D’origine Réunion/Castelnaudary/Chine, un mélange explosif
de bonne humeur, de générosité, de gentillesse et de persévérance, c’est
en 2001 qu’il commence à faire ses marques sur le plan international, en
se débarrassant de Peter Nicol, pour arriver en finale de ce même Cathay
Pacific Hong Kong Open.
Les mauvaises langues (autant dire, tous ceux qui ne parlent pas la nôtre)
n’avaient jamais vraiment reconnu le bien-fondé du classement mondial de
Thierry. En effet, n’ayant jamais remporté de grands tournois Super
Series, bien qu’ayant participé à 22 finales PSA, il était considéré comme
« chanceux » d’être arrivé aussi haut.
Sa victoire en Finale des Super Series avait rabattu le caquet de beaucoup
de sceptiques. Son triomphe à Hong Kong, où il était dans la partie de
tableau la plus difficile (dixit Malcolm Willstrop), en ne perdant
que deux jeux dans le tout le tournoi, va enfin leur couper les cordes
vocales.
NOUVEAU SCORE
« Vous pouvez officiellement dire que j’aime le nouveau score »,
sourit Thierry.
Ben tiens donc ! Ses deux plus grandes victoires (Finale des Super Series
en May 2004, et Hong Kong 2004) il les gagne en PAR 11 (Point a Rally).
Mais ce n’est pas par hasard. Avec ses entraîneurs, il a travaillé dur,
très dur pour jouer des balles de plus en plus précises, de plus en plus «
proches des murs », à la longueur et la profondeur parfaites, lui
permettant de jouer ses amorties d’attaques mortelles et d’envoyer ses
adversaires pleurer aux quatre coins du court.
Jonathan Kemp, Paul Price, Amr Shabana, Lee Beachill sont les joueurs
qu’il doit battre pour arriver en finale. Nick Matthew, c’est la
dernière barrière entre lui et son titre.
Nick, il le connaît. Il s’est fait prendre une fois, au Tournoi des
Bermudes, et au premier tour, souvenir douloureux et cinglant. La fois
d’après, il te l’écrase 3/0, en finale des Super Series. Fini la rigolade
…
Alors, pour cette finale, un Matthew un peu nerveux, un Lincou affamé, et,
comme dirait les anglais, « the rest is History », « le Reste, est passé
dans l’Histoire ».
LE MATCH
Dans le premier, Thierry Lincou, menant 3/1, va marquer 7 points d’affilés
grâce à un squash d’une précision clinique. En 8 minutes, il prend le
premier jeu 11/4.
Durant l’entrejeu, Simon Parke, le « Revenant », conseille le jeune
Matthew, qui revient avec un jeu plus agressif, mais aussi à plus haut
risque, mettant de nombreuses balles dans la plaque. Malgré cela, les deux
joueurs sont coude à coude, 8/8, mais trois fautes de Matthew donnent le
deuxième jeu au français en 15 minutes.
Le troisième est spectaculaire, 23 minutes de pure merveille. C’est à qui
jouera les plus belles longueurs, les plus belles profondeurs, quelques
nicks qui ne meurent pas, car la récupération des deux athlètes est
remarquable. Et je te balade à droite, et à gauche, et attrape celle-là si
tu peux …
Mais à ce jeu, Thierry est juste un peu meilleur, il se retrouve à 10/8,
balle de match. Matthew la sauve en jouant une superbe amortie de coup
droit du fond du court. 9/10. Balle de match. Nick joue son va-tout, un
double-mur de revers d’attaque qui laisse Thierry à des kilomètres.
Tie-Break.
Un long échange, gagné par Matthew.
Balle de jeu pour l’anglais. (1-0)
Sous la pression, il calcule mal la trajectoire de son coup droit, et sort
la balle. (1-1).
Un stroke contre Matthew, et (2-1), c’est-à-dire 3ème balle de match pour
Thierry.
Le Français, avec une balle croisée de coup droit qui meurt brillamment
dans le coin arrière gauche du court vitré, devient le Champion de Hong
Kong 2004.
La joie.
La fierté.
Le bonheur de voir qu’un travail acharné finit par porter ses fruits.
Et les yeux qui s’embuent …
Thierry persiste et signe sa place tout en haut des grands champions.
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“La longueur de balles de
Thierry était 5 centimètres plus près du mur que celles de tous
les autres joueurs que j’ai rencontrés pendant le Tournoi.
Ce n’est que dans le 3ème que j’ai pu percer son jeu.”
Nick Matthew
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“Je
suis très content de mon tournoi . J’ai pu me mesurer aux meilleurs du
circuit, et je me suis retrouvé en finale d’un Super Series.
Comme j’avais déjà battu Thierry, j’espérais bien renouveler ma
performance, mais la qualité de son jeu m’en a empêché …”
Nick Matthew
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