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06-Nov, FINALES:

J’arrive, j’arrive !

Vous devez vous demander ce qui m’est arrivé… Eh bien, j’ai un peu craqué, je dois l’avouer… La semaine a été très dure, et samedi soir, au lieu d’écrire mes articles, je suis allée boire plusieurs verres de coca au Club de Nottingham, haut lieu de gentillesse et d’amour du squash…

Eh oui. Au lieu de travailler, je me suis fait une bonne rigolade avec Ria, la responsable compétition du club, Isabelle Stoehr, et quelques-uns des joueurs de Nottingham, entre autres Peter Marshall, Simon Parke, Joe Kneipp, Rachael Grinham et Natalie Grainger. La vie est dure pour les braves…

Et vous savez quoi ? Je ne me sens pas coupable DU TOUT !!!!!!!!!
  

MINI CHAMPIONNE…

Avec la Rachael Grinham, on est très loin du stéréotype de la joueuse de squash habituelle… Elle est toute petite, toute menue, elle a l’air de rien, mais qu’est-ce que qu’elle tape, qu’est-ce qu’elle place, qu’est-ce qu’elle rentre…

Natalie Grainger, elle, est beaucoup plus solide. Grande, d’une force physique impressionnante, ce qui ne l’empêche pas d’être très féminine (et en plus, elle a un petit copain mignon comme tout…). Natalie est une forte personnalité, une jeune femme qui a vécu des moments très difficiles, mais qui s’en est sorti, et avec le sourire, en plus…

Rachael commence le match, un peu tendue, et très vite, elle se laisse déborder par la force de son adversaire. 4/0 pour l’Américaine, qui combine admirablement une frappe de balle très appuyée à des amorties sans rebond. L’Australienne fait quelques plaques, sort quelques balles du court, et Natalie s’empare du premier 9/3 en 7 minutes.

Mais après ça, tout se dérègle pour Grainger. Oui, elle continue à te flanquer quelques retours de services dans le nick, ou quelques volley amorties du feu de dieu, mais le momentum a changé. C’est maintenant l’Australienne qui mène facilement, 7/2. Le jeu reste quelques minutes à 8/5, car il faudra 3 balles de jeu pour que Rachael termine le jeu 9/5.

Dans le 3ème, Natalie ne voit pas une balle… Rachael domine complètement, ne laissant que peu d’opportunité à son adversaire de mettre sa raquette sur la balle. Et si dans son match précédent, elle s’est servie d’une amortie de coup droit croisée feintée, dans ce match-ci, elle utilise le double-mur du milieu du court. Et encore… Et encore… Et ça marche à chaque fois. Vous y ajoutez 3 plaques de Natalie, 2 strokes, et une amortie de revers littéralement collée au mur latéral, et vous avez un 9/0 pour l’Australie !

Le 4ème part mieux. Les deux joueuses sont à égalité 3/3. Et même si Rachael continue de contrôler les échanges, Natalie est plus présente, plus agressive. Elle entre de très beaux coups, des parallèles de revers, des accélérations croisées, des lobs de rêve, qui poussent enfin l’Australienne à la faute. Mais à 3/3, une combinaison amortie/parallèle d’une parfaite longueur permet à Grinham de marquer le point. À partir de là, Natalie, n’ayant que 13 matchs dans les jambes depuis son retour (après une absence de près de 6 mois), tourne à vide. L’énergie a disparu, même si l’envie est toujours là….

Et la mini australienne, déjà Championne du British Open l’année dernière, persiste et signe en s’emparant du titre pour la deuxième année consécutive…

Bien joué, petite…

[1] Rachael Grinham (Aus) bat
[4] Natalie Grainger (Usa)
     3/9, 9/5, 9/0, 9/3  (41m)

“J’ai eu peu souffert au début, j’étais derrière la balle. Alors, j’ai essayé de m’en tenir au maximum à ma tactique, qui était de ralentir la balle, de lober au maximum, pour ralentir le rythme, vu que Natalie n’aime pas du tout ça.

Aujourd’hui, j’ai pu servir lobé, car sur ce court, les lumières sont placées de telle façon qu’on peut très facilement perdre la balle de vue. Sinon, sur un court normal, on ne peut pas se permettre de faire ça contre Natalie, car elle vous place un retour dans le nick à chaque fois…

Au début, je n’étais pas du tout dans le tournoi, mentalement, je n’étais pas dans le coup. Mais, comme bien souvent, c’est quand on n’y croit pas trop qu’on fait un bon tournoi. L’année dernière, après ma victoire ici, j’ai voulu prouver que ce n’était pas un coup de chance, et j’ai travaillé très dur toute l’année pour faire de bons résultats. Cette année donc, gagner le British encore une fois est une sorte de confirmation, et c’est très agréable…

Bien sûr, ma sœur me manque (elle est blessée), mais vous savez, quand vous êtes sur le circuit, vous n’êtes jamais vraiment seule, car une fois que vous connaissez tout le monde, cela devient comme une sorte de nouvelle famille….

               
Rachael Grinham

UN NOUVEAU PALMER ?

« Dans mes derniers tournois, en demi-finale, en finale, je n’ai pas été assez constant, du coup, je m’énerve, contre moi, contre mon adversaire, contre l’arbitre… Alors, j’ai appelé mon vieil entraîneur, Joe Shaw, qui m’a donné quelques exercices à faire, une sorte de processus mental, qui m’ont bien aidé à rétablir la situation »…

Eh oui, le Vieux Magicien a encore frappé ! David Palmer s’est très bien comporté, il était très calme, bien en contrôle de ses émotions. Oui, il y a bien eu une phrase à l’arbitre, après que plusieurs lets lui aient été refusés, « Bon, eh bien maintenant, on va avoir un match physique », à quoi Shabana a répondu du tac au tac « Et on sait qui va le gagner, celui-là…. », en référence à la différence de corpulence physique entre les deux joueurs, Shabana faisant un peu sandwich SNCF versus Choucroute Garnie…

Et puis, quelques échanges plus tard, Palmer qui heurte violement Amr pour prouver à l’arbitre qu’il mérite le let, notre Égyptien qui se retrouve au sol, l’arbritre qui ne donne qu’une remontrance verbale, et accorde le let. Bien entendu, quelques minutes plus tard, c’est Shabana qui pousse David, et qui, par contre, se prendre un « conduct warning ».

Une fois de plus, c’est l’adversaire qui se prend la pénalité….

Mais bon, à part ça, un David Palmer impeccable, qui était sur le court du Albert Hall pour conserver son titre de Champion du British Open. Et un Amr Shabana qui avait bien l’intention de le lui subtiliser…

Premier jeu : 35 minutes, 10/10 (6-4)… Ca fait rêver, non ? Et des échanges à n’en plus finir, longs, très longs, patients, très patients… Et des lets en veux-tu en voilà… Ou des refus de lets…

8/8. 10/8, balle de jeu pour Shabana. Et puis, le « drame ». L’Egyptien se prend la raquette de Palmer dans les dents. Littéralement. L’arbitre accorde un stroke à l’Australien, le Shabana pète les plombs ! Comme réponse, il retourne le service de Palmer dans le nick. La foule est en délire….

10/10. 12/12. 13/13. 14/14. Et des lets, et des échanges longs, et des longueurs parfaites de l’Australien, des coups magiques de Shabana, Palmer qui arrive à les sortir, avec un arbitre qui parvient à garder le contrôle du match (et croyez-moi, ce n’était pas facile). Et enfin, Shabana, survolté, arrache le tie-break 6/4.

Ce sera le seul qu’il va gagner. Je pense qu’en fait, le premier jeu lui a coûté le match. Il perd le 2ème en 9 minutes, 11/7.

Dans le 3ème, Shabana a repris ses esprits, mais Palmer a maintenant main mise sur le match. Mais l’Egyptien s’accroche… 6/6. 8/8. 9/9. 10/10. Mais une parallèle de revers collée au mur et un stroke plus loin, Palmer mène maintenant 2/1.

Shabana se battra jusqu’au bout, mais la précision de Palmer, sa volonté de gagner, sa condition physique (le mec se tape la veille un marathon de 101 minutes contre le numéro 1 mondial, et en sort frais comme une rose…), la longueur de ses balles, sa récupération de balles sont tout bonnement époustouflantes….

Et pour vous dire vrai, tout s’est joué sur la capacité de récupération de Palmer. Il a passé sa vie à se jeter sur les balles, littéralement (bon, c’est vrai qu’Amr a fait pas mal de plongeons, lui aussi…). Écoutez, c’est pas difficile. Les petits volontaires chargés de nettoyer le court passaient leur vie à entrer et à sortir du court. On aurait mieux fait de jouer un jeu conditionné 3/4, et de les laisser sur le court, on aurait gagné du temps….

Sérieusement, les joueurs avec qui j’ai discuté après le match s’accordaient tous à dire que peu de joueurs auraient pu retourner les coups de Shabana aujourd’hui… Palmer a réussi…

Et donc, après 89 d’un squash de très haute qualité, David Palmer décroche son 3ème titre de Champion du British Open. Et il l’a parfaitement mérité.

Mais comme nous avons un « Nouveau Palmer », moi, j’ai vu un « Nouveau Shabana ». Et comme l’a dit David dans son petit discours à la fin, « Amr mérite d’être Champion du Monde… » Et vous n’avez pas fini d’en entendre parler, du Shabana…

 

[3] David Palmer (Aus) bat
[5] Amr Shabana (Egy)
     14-16, 11/7, 12-10, 11/7 (89m)





 

Oui, ce fut un match difficile, mais bon, il est Champion du MOnde, moi Champion du British Open en titre, qu’est-ce que vous espériez, un match d’entraînement ?...

C’est le premier tournoi que je gagne avec le nouveau scoring, pas mal pour un début… Je crois que lorsqu’on a changé de scoring, j’ai trop voulu changer mon jeu, j’ai voulu couper les échanges, je suis devenu impatient… Donc, je suis tout bonnement revenu à mon jeu naturel, et ça va beaucoup mieux…

Ce que ça fait d’être trois fois Champion du British Open ?
 Ça fait un bien fou ! Et comme je viens de repasser numéro 3 mondial, devant Peter, et que je me marie en janvier [le 8, le jour de mon anniversaire, c’est gentil à lui, non, FG?], je suis vraiment dans une période fantastique…

                      
David Palmer





 



 


Rachael double la mise avec PartyPoker.com

  

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