Carte
postale de New-York:En 1993, j’ai quitté ma
patrie pour des raisons personnelles (mariage et enfant). Après un an
d’arrêt total, j’ai recommencé à être impliqué dans le squash, mais cette
fois aux États-Unis.
À l’époque, le softball remplaçait officiellement le hardball, jeu inventé
et transformé de notre Squash mondial ici appelé softball, une espèce de
base-ball comparé au cricket....
Ici, le Squash est « réservé à une certaine élite », comme il l’était en
France à mes débuts. Ici, de nombreux Country Clubs offrent des «
programmes » de Squash : leçons, jeux organisés, stages, etc, dispensés à
travers une structure professionnelle très efficace.
Ce qui d’ailleurs explique la recrudescence d’étrangers depuis maintenant
dix ans, et le fait que la plupart des pro du squash mondial ont séjourné
pendant au moins quelques mois aux US.
J’entends beaucoup de gens se poser la question de savoir si les
États-Unis vont « sauver le squash ». D’après moi, la solution à nos
problèmes ne viendra pas d’un seul pays.
Il y a 20 ans, le squash en Europe (France, Allemagne, Italie…) explosait
: médias, stars jouant au squash, etc.
Et pourtant, on connaît la suite…
Alors, pourquoi est-ce que le squash fonctionne aux États-Unis ? Pour une
simple raison : c’est un sport que l’on pratique à l’école, non pas pour
devenir professionnel, mais pour jouer à l’université. Pendant quatre ans,
les jeunes ont ainsi la possibilité de représenter leur établissement dans
les très compétitifs Championnats Universitaires.
Alors, pourquoi n’y a-t-il aucun joueur américain dans les top 100 ? Parce
que les meilleurs vont dans les plus grandes universités du pays (comme
Harvard, Yale et Princeton, pour ne citer qu’elles), jouent sur le circuit
pro pendant deux ou trois ans, et très vite, trouvent du travail dans des
entreprises.
Aux US, le squash ne sera qu’un sport de loisirs tant qu’il ne sera pas
possible pour un joueur de vivre décemment de son sport, c’est-à-dire de
pouvoir partir à la retraite à 30 ans, avec quelques millions en banque….
Vous savez, c’est la même chose dans tous les secteurs : il n’y a pas de
miracle. Si le sport ne génère pas d’argent, aucune entreprise n’investit
dans ce sport.
Il existe un autre problème. Combien de vrais professionnels travaillent
comme entraîneurs ? J’ai entendu parler de très nombreux cas de joueurs se
révélant extrêmement décevants en tant qu’entraîneurs. Moi, j’associe
notre métier de prof à celui de vendeur. Chaque jour, nous vendons un
produit, qui s’appelle
« le squash ».
En général, notre formation est primitive : un joueur qui ne peut plus
jouer à un haut niveau, ou qui n’a pas percé, et même certains joueurs
dans les top ten. Quelle est la formation de ces joueurs/entraîneurs, si
ce n’est que leur talent en tant que joueur ?
Alors, nous attendons que les USA sauvent notre sport des eaux montantes.
D’après moi, il faudrait mieux que tous les pays qui jouent au squash
réinventent une nouvelle stratégie : renforcer la formation des
entraîneurs, et surtout, surtout réorienter notre plan marketing. Le
squash ne génère qu’un enthousiasme local, nos règles ne sont toujours pas
adaptées au grand public, et notre participation aux JO ne semble être un
mirage qui s’éloigne de plus en plus…
Oui, les États-Unis ont ouvert la voie, mais pas celle que nous européens,
imaginions. Ils n’ont pas formé de joueurs pros sans aucune formation
professionnelle. Au contraire, ils ont fait jouer les étudiants qui
s’apprêtent à devenir les PDG et donc les décisionnaires de demain ?
Pourquoi ne pas adopter cette stratégie partout ailleurs ?
Par mon témoignage, je ne cherche pas la controverse. Non, j’avais
simplement envie de réfléchir aux questions que nous nous posons tous
depuis 20 ans, comme
« comment permettre au Business Squash de passer
à la
vitesse supérieure ? ».
Et si une solution ne marche pas, il nous faut bien en trouver une autre,
et une autre, et une autre…
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